Stadia: les 6 erreurs de Google

C’est fait! le premier des nouveaux acteurs vient de faire son entrée sur le marché du jeu vidéo. Si tout le monde semble s’accorder pour dire que le lancement est raté, il est intéressant d’analyser les erreurs qu’a pu commettre Google.

1 Un catalogue de jeux plutôt faiblard

Lorsqu’on souscrit à un nouveau service ou que l’on achète une nouvelle console, ce que l’on regarde c’est à quels jeux nous pourrons jouer, quels titres nous font suffisamment envie pour passer à la caisse. Et en la matière, l’offre de Google n’est pas ce qu’on pourrait qualifier de sexy. Seulement 22 jeux au lancement (a titre de comparaison, la bêta du xCloud de Microsoft en propose 54), et quasiment que des titres disponibles un peu partout depuis plusieurs mois. La seule exclusivité concerne Gylt, un jeu indépendant développé par Tequila Works (Rime) et qui pourrait, à terme, sortir sur d’autres plateformes. Sans exclus AAA ni gros jeux tiers disponibles « day one » sur le service, ce n’est pas simple de séduire les joueurs.

2 Google peu crédible auprès des joueurs

Avant de se lancer en tant que constructeur, Sony éditait des jeux sur les consoles de Nintendo et de Sega sous la bannière « Sony Imagesoft », quand à Microsoft, ils étaient déjà connus dans le milieu du jeu vidéo PC pour avoir sorti des titres comme Age of Empire ou Flight Simulator. De plus, les deux compères ont travaillés avec un constructeur déjà en place (Sony avec Nintendo pour le lecteur CD de la Super nes et Microsoft avec Sega pour le système d’exploitation de la Dreamcast). L’expérience de Google dans le domaine du jeu vidéo se limite à avoir mis en place une boutique d’application sur son système d’exploitation Androïd. Aucune expérience notable ni en tant qu’éditeur, ni en tant que développeur, ce qui n’aide pas à donner une image de « légitimité » auprès des gamers.

3 Un avenir first party peu rassurant

Avant de se lancer en tant que constructeur, Microsoft avait fait l’acquisition de plusieurs studios (Rare, Bungie, Fasa…), affin de fournir sa consoles en titres First Party, chose que n’a pas fait Google qui ne possède, à l’heure actuelle, que deux studios, dont un seule est capable de faire du AAA tandis que l’autre (Owlchemy Labs) est un petit studio spécialisé dans les jeux VR. C’est d’autant plus problématique pour la firme de Mountain View quand on sait que ses principaux concurrents ont une armée de studios interne. Même Amazon qui devrait prochainement se lancer dans la bataille, a déjà 3 studios First Party et 3 autres sont en train d’êtres mis sur pied. Google a intérêt à réagir car ce n’est pas en se payant quelques exclus tiers, comme ils l’ont annoncés, qu’ils rassureront les joueurs sur l’avenir du service.

4 Une offre commerciale obscur pour les joueurs

Alors que tout le monde s’attendait à voir un véritable Netflix du jeu vidéo Stadia n’est rien d’autre qu’une « console dématérialisée », qui, pour l’instant, impose un abonnement mensuel de 10 euros (le stadia de base gratuit n’est pas encore disponible au moment où j’écris ces lignes) et sur laquelle vous devez acheter vos jeux. Alors certes, on pourra objecter que sur les consoles actuelles on achète nos jeux et on paye un abonnement pour jouer en ligne, mais ça reste un choix, on sait à quoi sert l’abonnement, c’est bien défini, de plus on a la sensation d’être les propriétaires de nos jeux. Avec Stadia on achètera juste le droit d’accéder au jeu, quand à l’abonnement, on ne voit pas bien ce qui le justifie en terme de services si ce n’est un ou deux jeux « gratuits » par mois, ce qu’offrent déjà les concurrents en guise de bonus.

5 Un lancement trop précipité

C’est un euphémisme de dire que Stadia cumule les déboires, et beaucoup jugent que le lancement a été trop précipité. Problèmes de performances remettant en cause la promesse du 4K 60fps pour tous les jeux, soucis de livraison, téléchargement de données (pour un service de streaming ça la fout mal), surchauffe du Chromecast, nombreuses fonctionnalités manquantes au lancement…Le service de Google commence sa vie dans la douleur.

6 Une communication qui mène au Bad Buzz

On l’a vu avec la Xbox One, une mauvaise communication peut s’avérer catastrophique tant il est difficile de se défaire d’un Bad Buzz, de part sa tendance à virer vers l’effet boule de neige. S’ensuit une haine qui influencera négativement l’opinion des joueurs à chaque nouvelle info, même si cette dernière n’est pas mauvaise. Tout ceci mène inévitablement à un bashing qui peut durer des années. Hors Google a enchainé les erreurs de communication menant à cette situation. D’ailleurs on le voit, la moindre vidéo négative devient virale et le moindre couac, comme par exemple l’impossibilité de démonter son pad pour le réparer, devient la cible d’un mécontentement grandissant.

En ne sachant pas rendre son offre commerciale attrayante, en multipliant les faux pas, en ne proposant pas un line up de lancement sexy et en n’étant pas capable de donner une vision d’avenir séduisante en terme de jeux, Stadia se pose en cas d’école de toutes les erreurs à ne pas faire en en terme de communication au lancement d’un nouveau produit. Si Google ne réagit pas très vite, leur nom viendra, sans le moindre doute, s’ajouter à tous ceux qui ont échoués à percer dans le milieu du jeu vidéo.

 

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