La folle histoire de Microsoft Azure.

L’affaire avait fait grand bruit il y a quelques mois déjà : Microsoft et Sony ont scellé un partenariat autour du Cloud et de l’IA. La déclaration officielle fut clair et précise, mais cela n’a pas empêché les interprétations et les fantasmes, qui ont pris parfois le pas sur la réalité. En parcourant les réactions sur le net, on se rend assez vite compte que Microsoft Azure est une chose étrange que beaucoup ne comprend pas forcément très bien.

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L’occasion parfaite pour nous d’essayer d’éclaircir le sujet, du mieux qu’on peut. Et plutôt que de vous proposer un simple lexique explicatif de ce qu’est ou n’est pas Azure, nous allons vous raconter son histoire…

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La renaissance Xbox : les jeux au cœur de l’action.

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Phil Spencer ayant les (presque) pleins pouvoirs sur la branche Xbox depuis quelques semaines maintenant, il profite de l’occasion pour agrandir son entourage direct. Ainsi nomme-t-il son second sur le navire Xbox.

Répondant au nom de Matt Booty, l’homme aura la charge de gérer les budgets, les calendriers et aura à coeur d’appliquer la stratégie générale autour des jeux. Les directeurs de chaque studio first party lui rendront des comptes, là où lui, en rendra à Phil Spencer.

 

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Matt Booty

 

En revanche, l’homme à la tête de la division Xbox garde donc sous sa coupe toute la stratégie globale autour des jeux, du matériel et de la plateforme « au sens large ».

 


Mais qui est Matt Booty ?


 

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L’homme n’est pas un novice dans l’industrie.

A occuper son temps libre au codage et à la réalisation de moteurs de jeux, il était naturel que Matt Booty commence sa carrière comme programmeur et game designer chez Midway en 1991 à Chicago. En 2002, il prendra les rênes de ce même Midway Chicago. Puis supervisera les 6 autres entités de Midway (Seattle, San Diego, Austin, UK…) en tant que PDG en 2008.

Il rejoindra Microsoft en 2010, où il apportera son aide en lançant des jeux first-party sur Windows Phone. Il dirigera notamment les équipes de développement internes en publiant des jeux sur le Xbox live arcade.

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Le futur bras droit de Phil Spencer s’est aussi illustré en ayant joué un rôle « important » dans l’acquisition de Mojang et de Minecraft par Microsoft en 2014.

D’ailleurs, jusqu’à sa nomination récente en tant que second, il était à la tête de Mojang.

 


Pourquoi lui ?  


 

L’homme a fait l’unanimité au sein de Microsoft et de ses équipes. Qu’il s’agisse de Bonnie Ross (343 Industries), Shannon Loftis (Microsoft Global Publishing), Alan Hartman (Turn10), Rod Ferguson (The Coalition) ou encore Craig Duncan (Rare), tous s’accordent sur le candidat de Phil Spencer.

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Quand ce dernier est parti prospecter ses studios au sujet de la nouvelle stratégie, il était clair qu’il fallait quelqu’un pour incarner ce rôle nouveau au sein de la branche Xbox, afin d’être en mesure d’appliquer ladite stratégie efficacement. Le profil de Matt Booty se détachait clairement.

 


Pourquoi un si large consensus auprès des équipes Xbox ?


 

Pour répondre simplement à cette question, il faut probablement s’attarder sur une réponse que Matt Booty a faite à Phil Spencer. A la question : « Est-tu plutôt un commercial, un créatif ou un ingénieur ? » l’intéressé se décrit comme un « mixe » de ces trois profils.

Comme évoqué plus haut, l’homme a tout connu : le côté créatif/ingénieur quand il travaillait en tant que programmeur/game designer ou encore le côté commercial en tant que patron de Midway.

Pour ce qui relève du côté créatif, l’homme ajoute qu’il a toujours eu une règle d’or. Celle de rester à l’écart du processus créatif des équipes, sans interférer. Dans le même temps, il ajoute qu’« il y a beaucoup a gagner en supportant ses studios et en leur fournissant une assistance administrative et opérationnelle » afin qu’ils puissent être concentrés uniquement sur le développement du jeu, que cela « soit leur seul préoccupation ».

 


Quelle est donc la stratégie à mettre en place ?


 

Nous l’avons vu, le numéro 2 chez Xbox devra exécuter la stratégie imaginée par son supérieur. Mais en quoi consiste-t-elle ?

Au cours des récents mois, à plusieurs reprises, Phil Spencer évoquait en filigrane sa volonté de s’attarder sur un chantier prioritaire : les jeux. Plus précisément les jeux maison. Conscient de ses forces mais aussi de ses faiblesses, la stratégie qui prend forme a pour but d’améliorer cet état de fait.

Pour mieux prendre conscience des tenants et aboutissants de cette stratégie, prenons un peu plus de hauteur, en s’attardant sur l’actuel patron de Microsoft : Satya Nadella.

Ce dernier et Phil Spencer ont longuement évoqué ensemble les opportunités sur ce marché du gaming. On dénombre environ 1 milliard de joueurs répartis sur le globe et Microsoft (comme ses principaux concurrents) ne capte qu’une petite fraction de ce marché dense.

Du propre aveu du patron de la Xbox, le cœur de métier et la valeur de la marque Xbox résideront toujours dans ce qu’ils font aujourd’hui : les consoles et tout ce qui gravite autour. Et c’est pour cela que « les gens aiment la marque ». Cependant, il y a tout de même des opportunités à saisir afin d’atteindre toujours plus de joueurs.

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Et c’est là, où Satya Nadella donne le rythme. Il demande à Phil Spencer et ses équipes de penser, de bout en bout, au rôle du « gaming » dans le monde, au rôle que Microsoft peut jouer dans tout cet univers avec le contenu et les services qu’ils ont en main… et ceux qui restent à créer.

De cette stratégie émergent deux axes :

–          Investissement sur les studios First party : faire mieux avec ceux existants mais aussi investir sur de nouvelles ressources (studios, franchises…)

–          Investissement sur du contenu et des services pour capter le large « publique gaming ».

Sur ce dernier point, Phil Spencer précise qu’il en parlera, plus concrètement, ce printemps en détaillant ce que ce nouvel axe stratégique induit.

En ce qui concerne les studios First Party, le discours semble toujours sur la même trajectoire. Certains investissements ont été faits, d’autres restent à faire, mais la machine est en marche.

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L’autonomie inédite que la branche Xbox a gagnée en septembre dernier permettra, sans aucun doute, d’étoffer les équipes internes et les contenus maison.

 

 


En attendant de voir les premières retombées concrètes, nous nous sommes imaginés à la place des décideurs de chez Xbox :

La version de Twins, Darkfoxx, Orbital, Aiolia et Cajp sont disponibles en cliquant sur le pseudo désiré. 


Merci à Darkfoxx pour son aide.

 

Phil Spencer promu. La Xbox plus importante que jamais!

 

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Alors que certains joueurs aimeraient voir Phil Spencer quitter son poste à la tête de la division Xbox, jugeant sa prestation de piètre qualité, son employeur, lui, confirme son approbation totale. 

A l’aube de sa 4ème année, le « Xboss » est donc promu. Il rejoint la plus haute sphère au sein de la hiérarchie Microsoft, celle qui côtoie en direct le grand patron Satya Nadella.

En faisant cela, Microsoft donne une place de choix et ses lettres de noblesse (enfin !) au jeu vidéo en faisant siéger Xbox auprès des équipes dirigeantes.

Ce qui signifie deux choses :

          Satya Nadella a conscience de l’importance du jeu vidéo pour Microsoft.

          La branche Xbox n’a jamais été aussi ancrée et importante pour l’entreprise.

 

Avec l’équipe Microsoft Waypoint, nous avons longuement évoqué (entre nous) la promotion du directeur Xbox, en essayant d’y déceler les tenants et les aboutissants. Tout ça sans pour autant coucher sur papier nos idées et autres déductions trouvées. Mais à l’heure où j’écris ces lignes, Windows Central a rédigé un article causant des conséquences de ce choix stratégique sur la branche Xbox, très complet et avec lequel nous partageons l’essentiel des idées.

Ainsi, avec un petit décalage, nous vous proposons cet article qui démontre les bénéfices d’un tel mouvement interne. Car oui, il n’y a en tout et pour tout que des points positifs à une telle nomination.

 


Une liberté (presque) totale pour Xbox.


 

Premier gros changement pour M. Phil Spencer : ne plus rendre de compte à Terry Myerson, le patron de Windows.

Oui, la branche Xbox fût jusqu’à présent chapeautée par la division Windows, comme une sorte de « sous-division ». Mais ne vous méprenez pas, la convergence (entre Xbox et Windows) actuelle n’est pas une lubie de Terry Myerson que Phil Spencer aurait, à présent, le loisir de remettre en cause.

Cette convergence continuera donc en s’améliorant. C’est de fait une force pour la marque Xbox ainsi que pour Windows, même si, je vous le concède, ce n’est pas forcément très limpide par moment. 

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Satya Nadella (PDG Microsoft)

 

Pour faire simple, Phil Spencer sera en lien direct avec Satya Nadella, sans aucun intermédiaire. Et c’est précisément là où le patron de la Xbox gagne en liberté. Conséquence immédiate : une marge de manœuvre inédite depuis l’entrée de Xbox dans nos salons.

Il faut dire que Terry Myerson n’est pas vraiment connu pour avoir le business du « gaming » dans le sang comme Phil Spencer. Et pour ainsi  dire il ne jugeait les propositions de ce dernier que par le prisme de Windows

Comme le souligne très justement le site anglophone, il n’en faut pas beaucoup plus pour avoir la puce à l’oreille sur une situation où d’importantes décisions ont probablement été tuées dans l’œuf, ne bénéficiant pas assez directement à l’OS historique.

Windows Central illustre concrètement le souci auquel Phil Spencer s’est confronté en évoquant le Windows Store. Cela devient une habitude : dès qu’un gros jeu, souvent maison, sort sur le Windows Store, on assiste à une pléthore de couacs arrivant avec lui. Rares sont les cas où tout se passe sereinement depuis 2 ans.

Tandis que dans le même temps, sur le Xbox Store, c’est un (quasi) sans-faute.

Comment l’expliquer ? Tout simplement et comme les noms l’indiquent : le Windows Store est géré par les équipes Windows, le Xbox Store par la division Xbox.

Nous n’irons pas jusqu’à dire que les messieurs de Windows n’ont rien à faire du jeux vidéo mais manifestement ils ne se donnent pas les mêmes moyens que chez Xbox.

Vous avez donc un aperçu de la probable difficulté à laquelle s’est confronté Phil Spencer durant 3 ans, tout en redressant une branche meurtrie par l’ouragan Don Mattrick au lancement de la Xbox One en l’an 2013.

 Le résultat est plutôt réussi (sans être parfait) quand on prend conscience de ce contexte difficile. Ne serait-ce que la politique « made in Spencer » que nous évoquions il y a quelques mois qui suffit à donner le ton pour la suite des évènements avec cette indépendance fraichement acquise. 

 


La question du budget. 


 

Quand la question du budget de la branche Xbox s’incruste dans les débats sur les forums de jeux vidéo, tout le monde se transforme en maître de la finance à grand coup d’éclats et d’affirmations sorties de nulle part… Enfin, pas tout à fait de nulle part… Les rumeurs et autres « analyses d’analystes qui analysent » viennent semer le doute.4editeurs20170612_074525_3_big

 Dernièrement l’idée que la branche Xbox soit sciemment sous-alimentée budgétairement parlant a suffit pour relancer l’annonce d’une mort prochaine du secteur Xbox chez Microsoft et d’un désengagement total de ce dernier.

Ce changement dans l’organigramme vient balayer d’un revers de la main tous fantasmes à ce sujet. 

A présent, le budget de la branche Xbox lui sera de facto attribué directement en lieu et place d’un « pourcentage » en provenance de la division Windows.

La marge de manœuvre s’en trouve accrue pour les équipes de Phil Spencer. Ce dernier pourra aussi s’entretenir directement avec Amy Hood (la directrice financière de big M). 

De l’aveu même du patron de la Xbox, le prochain chantier se matérialisera sur les studio 1st party. Ceux du Xbox live, de l’OS de la console et du hardware étant arrivés à termes.

 

Voilà que cette liberté de mouvement mettra toutes les chances du côté de M.Spencer, même si les bénéfices ne devraient être palpables que dans plusieurs longs mois. Cela étant dit, il se murmure que les équipes Xbox pourraient hériter de la gestion des jeux sur le Windows Store, de quoi assurer, enfin, le suivi que les joueurs attendent ? 

 

Merci à Darkfoxx pour son aide.

Microsoft tranche à nouveau dans ses effectifs.

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Satya Nadella (PDG Microsoft)

Microsoft n’en finit pas avec ses réorganisations. En quatre ans, ce sont 34.000 employés de l’entreprise qui ont subit les différents changements de cap.

Après l’échec de la stratégie autour du rachat de Nokia qui a conduit à une restructuration forte en 2014, avec des milliers de licenciements ; après le désengagement du secteur mobile en 2016… Microsoft tranche une nouvelle fois dans ses effectifs.

Ni voyez pas une mauvaise santé financière, mais plutôt « des changements destinés à mieux servir ses clients et partenaires ».

3000 postes sont voués à une disparition certaine dans les équipes commerciales du groupe. Certains médias américains vont jusqu’à avancer le chiffre de 5000 suppressions.

Pourquoi les équipes commerciales?

Les modes de consommation de logiciels Microsoft ont énormément changés durant les 5 dernières années. La vente de produit à l’unité ou de licences ne fonctionne plus comme auparavant.

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Le système d’abonnement a pris le dessus. L’insolence des chiffres d’Office 365 en est un exemple criant. Le stratosphérique Azure en est un autre.

On sait la stratégie de Satya Nadella très portée sur le Cloud. On sait aussi que l’homme n’hésite pas à prendre des décisions difficiles comme celle d’aujourd’hui (pour la petite histoire l’homme est à l’origine de la revente de Nokia. Acquisition dont-on dit qu’il n’avait jamais vue d’un bon œil cette dernière, … à raison).

Son entreprise se recentrerait donc légèrement et assez logiquement sur la vente de services et de logiciels dans le cloud selon les médias américains. Et non, pas d’inquiétude, Xbox et Surface restent des points névralgiques du futur de l’entreprise.

Au 31 décembre 2016, le géant américain comptait dans ses rangs 120 849 Microsoftees (petit surnom, entre autre, qui est donné aux employés de Microsoft).