First/Second/third party, c’est quoi?

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On entend souvent parler de jeux ou de studios first ou second party mais il semblerait que ces termes ne soient pas si clairs que ça pour tout le monde. Alors? qu’est ce qui se cache derrière ces termes?

En discutant un peu à droite et à gauche, je me suis rendu compte que beaucoup faisaient l’amalgame entre un studio first party et un jeu first party. Les termes sont parfois mal employés, y compris, à certaines occasions, par les constructeurs eux mêmes. C’est l’occasion de définir ce que tout ça veut dire.

Pour commencer il faut bien différencier deux choses, d’un côté il y a les jeux et de l’autre il y a les studios first, second et third party. Beaucoup pensent qu’un jeu first party est forcément fait par un studio first party et réciproquement, que ce dernier ne peut faire que des jeux first party, mais c’est faux.

Pour commencer, beaucoup pensent que ces termes ne s’appliquent qu’aux constructeurs comme Sony, Microsoft ou Nintendo, voir à la limite aux possesseurs de plateformes de distributions en ligne tels que Steam ou Origin, une idée reçu véhiculée par les forums et les réseaux sociaux sur lesquels les « guerres de consoles » entre les fans des différentes marques fait rage. En réalité ces termes servent à définir l’état d’un studio ou d’un jeu par rapport à un éditeur, qu’il possède ou non une console ou une boutique en ligne. Un studio first party est donc un studio qui appartient à un éditeur, Activision, Bethesda ou Capcom ont des studios first party. Par exemple Treyarch (les Call of Duty Black ops) est un studio first party d’Activision.

Jusqu’ici c’est assez simple, mais voilà que ça se corse un petit peu avec les studios second party. Pour faire simple, un studio second party est un studio qui n’appartient pas à l’éditeur concerné, mais qui est sous contrat avec lui. Le studio en question peut être Halo Wars 2 Verticalindépendant ou appartenir à une autre entité. Pour expliquer ce point prenons l’exemple d’Halo Wars 2. Le jeu de stratégie dans l’univers du master chief est édité par Microsoft mais développé par The Creative Assembly qui appartient à Sega. Dans les faits, The Creative Assembly était donc, dans le cas d’Halo Wars 2, un studio second party de Microsoft tout en restant un studio first party de Sega. Au cours de mes pérégrinations  quotidiennes sur les forums de jeux vidéo, j’ai souvent vu des gens faire des listes de studios first et second party, hors pour ces derniers ça n’a pas de sens puisque ce statut évolue au rythme des contrats. Insomniac Games, souvent cité dans les studios second party de Sony pour Ratchet & Clank ou plus récemment Spiderman, a déjà été un studio second party  de Microsoft pour Sunset Overdrive et d’Electronic Arts pour le jeu Fuse.

Passons maintenant aux studios third party qui ne sont ni plus ni moins que les studios qui n’ont aucune relation directe avec l’éditeur mentionné. On emploi ce terme le plus souvent pour désigner les studios qui sortent des jeux sur une plateforme sans dépendre du propriétaire de la dite plateforme.

En ce qui concerne les jeux on retrouve la même logique, les jeux first party étant ceux dont la propriété intellectuelle (ip) est détenue par l’éditeur. Pour les jeux second party, l’ip n’appartient pas à l’éditeur mais ce dernier détient les droits d’édition du jeu. Enfin les jeux third party ne sont ni édités ni possédés par la firme tiers qui serait évoquée. Usuellement on emploi ce terme en rapport à une plateforme plus que par rapport à un éditeur (bien que concrètement, rien n’empêche de le faire), souvent pour des jeux multi-plateformes mais pas uniquement. Une console peut en effet avoir des « exclusivités third party », comprenez par là, un jeu exclusif à une plateforme sans que le détenteur de cette plateforme n’y soit pour quelque chose. The Witcher 2 était dans ce cas là par exemple. A l’époque exclusif à la Xbox 360 (pour ce qui est du marché des consoles, le jeu étant sorti avant sur PC) juste car le développement d’une version PS3 aurait pris trop de temps et aurait impacté celui du troisième opus, aucun accord avec Microsoft donc.

Mais pourquoi est il important de faire cette distinction entre un studio est un jeu first ou second party? tout simplement parce qu’un studio sous contrat avec un éditeur sans lui appartenir peut tout à fait faire un jeu dont l’ip appartient au dit éditeur. A partir de là, toutes les combinaisons sont possibles. Reprenons l’exemple d’Halo Wars 2, ce jeu est, comme on l’a vu un jeu first party de Microsoft, développé par un studio second party (The Creative Assembly), mais du point de vue de Sega, on peut dire que leur studio first party a développé un jeu third party vu que la firme au hérisson bleue ne possède ni l’ip ni les droits d’édition d’Halo Wars 2. Plus tordu encore est le cas d’Infinite Undiscovery. Ce J-RPG sorti sur Xbox 360, développé par le studio indépendant Tri-Ace (Star Ocean) et édité par Square Enix, appartient à Microsoft, donc du point de vue de la firme de Redmond, Infinite Undiscovery est un jeu First party, développé par un studio third party car c’est avec Square Enix que Tri-Ace était sous contrat d’édition pour ce jeu.

On pourrait trouver des tonnes d’exemples mais je pense que tout le monde à compris l’idée, à savoir que parfois, tout n’est pas aussi simple qu’on pourrait l’imaginer, surtout dans cette industrie. Industrie qui semble être en pleine mutation, le business modèle basé sur celui de Netflix que veut adopter Microsoft expliquant sans doute sa volonté de développer son réseau de studios first party affin de proposer un flot régulier de nouveaux jeux maison, et ce, de manière durable.

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